• Lucinda Childs au Théâtre de La Ville hier soir.

     

    "Dance", le chef d'oeuvre de Lucinda Childs, au Festival d'Automne

     

    la buvette du théâtre hier soir

     

    et un bref passage à l'extérieur avec mes amis fumeurs

     

     

     

    à la fin de la représentation les danseurs qui saluent (sans le zoom)

     

    et avec mon zoom...c'est mieux!

     

     

     

     

     

    Lucinda Childs fort belle et élégante  qui est venue aussi saluer son public.

     

     

     

     

     

     

    C'était vraiment magique!

    Lucinda Childs au Théâtre de La Ville hier soir.

     

    Se rangeant parmi les oeuvres les plus emblématiques de la danse du XXe siècle, la chorégraphie de Lucinda Childs, magnifiquement interprétée par sa compagnie américaine, rencontre un nouveau triomphe au Théâtre de la Ville, à Paris.

     

    Ce que "Giselle" est au ballet romantique, ce que "Le Lac des Cygnes" est au grand ballet académique, ou ce que sont les pièces du cycle grec de Martha Graham à la "modern dance", "Dance" l’est à la danse contemporaine, à la"post modern dance". C’est un chef d’œuvre absolu qui se range parmi ceux qu’a prodigué la danse du XXe siècle. Mais aussi l’un des plus singuliers : l’acmé sans doute du minimalisme, ici parvenu à la plénitude, à la beauté absolue.

    Sur un immense écran 

    Trois grands noms lui sont attachés. Celui du compositeur Phil Glass pour une musique répétitive, séduisante jusqu’à l’envoûtement à défaut d’être d’une facture géniale. Celui du peintre Sol LeWitt pour cette extraordinaire scénographie en son temps révolutionnaire qui superpose à la vision qu’on a des danseurs sur scène celle de leur image filmée: projetées sur un immense écran transparent, invisible, qui sépare la scène du public, ces images dilatent l’espace, envoûtent le spectateur et décuplent l’effet de fascination de la chorégraphie. Enfin le nom de la chorégraphe surtout, Lucinda Childs, qui en 1979 a créé avec "Dance" la plus achevée de ses œuvres, belle et parfaite comme le serait une perle rare, comme le serait un diamant d'une eau exceptionnelle.

    Un espace qui se perdrait à l'infini 

    Lancés sur l'aire scénique qui paraît n’être que le tronçon visible d’un espace infiniment plus vaste qui se perdrait dans l’infini, les douze danseurs, en solo, en duo, en quatuor, déboulent en tournoyant d’une foulée légère, aérienne, presque irréelle, ponctuée de sauts de biches. Et leur trajectoire fulgurante, qui strie obstinément l’espace, encore et encore, fait songer à ces buissons d’épineux dans les déserts de l’Amérique qui, ramassés en boule, filent à toute allure à travers l’immensité caillouteuse, emportés par le vent.

     

    Lucinda Childs Dance Company - © Sally Cohn

    Lucinda Childs Dance Company - 

    Ces pas répétés jusqu'à l'ivresse conduisent l’esprit du spectateur à l’envoûtement, à l’hypnose. Au mouvement perpétuel de la chorégraphie s’ajoutent le charme lancinant de la musique et l’ivresse induite par les images filmées. On perd pied dans ces mondes qui se confondent, tant et si bien qu’on pourrait oublier la folle complexité d’une chorégraphie diaboliquement savante et virtuose, évoluant sans cesse, mais de façon imperceptible, "et qui n’est chaque fois ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre". On se retrouve bientôt ensorcelé comme on le serait au spectacle des constellations scintillant par millions dans la nuit d'un été andalou.

    Divisé en trois parties d'égale longueur, "Dance" offre en son mitan un solo qu’interprétait Lucinda Childs elle-même. Il y a longtemps qu’elle a renoncé à ce prodige de pure virtuosité confié désormais à des danseuses plus jeunes. Mais c’est toujours elle qu’on découvre sur la projection qui se superpose à la danse. Belle et marmoréenne, le visage grave et fermé, tournoyant comme une déesse avec une grâce dépouillée de tout artifice, elle est à l‘image de la chorégraphie : ensorcelante. Et cette présence muette et toujours en mouvement apparaît presque irréelle. 

    Une dynamique inconnue en Europe 

    A l’initiative de Bertrand d’At, dans les années 1990, le Ballet du Rhin qu’il dirigeait alors avait repris "Dance". Ce fut un miracle de perfection. Rompus à la technique classique, les magnifiques danseurs de la compagnie établie en Alsace (ils étaient dix-sept à interpréter l’ouvrage) avaient magnifié la chorégraphie de Lucinda Childs. Aujourd’hui, grâce à la reprise d’ "Einstein on the Beach"  de Robert Wilson présenté dans le monde entier et où Lucinda Childs assume tout le volet chorégraphique, il lui a été possible de remonter une compagnie de danseurs américains. Il ne présentent pas l’homogénéité plastique des danseurs de Ballet du Rhin. Mais dans leur diversité, ils sont aussi parfaits. Et la perfection absolue de leur technique, de leur interprétation renvoie à l’interprétation magistrale que donnait naguère le Ballet du Rhin. Les Américains peut-être impriment-ils une dynamique, une élasticité à leur danse inconnue en Europe. Les multiples rappels, le véritable triomphe que leur a réservé le public du Festival d’Automne au Théâtre de la Ville ont traduit l’état d’hypnose dans lequel auront été plongés  les spectateurs qui plus bruyamment encore ont acclamé la chorégraphe.

    Raphaël de Gubernatis-Le Nouvel Observateur

     

    Au Théâtre de la Ville, à Paris, jusqu’au 25 octobre ; 01 42 74 22 77 ou www.theatredelaville-paris.com

     

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