• Les fausses Confidences au Théâtre de l'Odéon.

     

     J'étais hier soir au Théâtre de l'Odéon pour voir Isabelle Huppert dans les fausses confidences de Marivaux .

    Avec une distribution dominée par Isabelle Huppert et Louis Garrel, Luc Bondy illumine Marivaux à l’Odéon.

     Isabelle Huppert très belle et Louis Garrel épatant dans ce rôle.

     

     

    16 janvier- 23 mars 2014 / création / Odéon 6e

     

    Les Fausses Confidences

      de Marivaux mise en scène Luc Bondy

    avec Isabelle Huppert, Jean-Damien Barbin, Manon Combes, Louis Garrel, Yves Jacques, Sylvain Levitte, Jean-Pierre Malo, Bulle Ogier, Bernard Verley et Georges Fatna, Arnaud Mattlinger

    Pauvre Dorante, très riche Araminte.
    Dorante, qui est pauvre, aime Araminte, qui est riche. L’écart entre eux est assez énorme pour paraître infranchissable. Il sera franchi pourtant, et le public le sait bien, car le genre comique impose à son dénouement que les amants soient réunis. Cependant Marivaux s'est plu à multiplier les obstacles sur la route matrimoniale de Dorante. Son héroïne, qui est veuve, a trop d'expérience de la vie pour qu'on puisse espérer surprendre sa naïveté. En outre, Araminte est soustraite à la puissance paternelle : nul ne peut lui imposer de se marier contre son gré. Le problème, pour Dorante, consiste donc à se faire aimer d’une femme consciente de sa valeur et maîtresse de ses choix. Comment faire ? Plutôt que sur la fin, le dramaturge concentre l’attention des spectateurs sur les moyens employés, l’enchaînement savant d’actions et de réactions par lequel Araminte se laisse peu à peu circonvenir. Et c’est ici qu’intervient l'habile valet Dubois : acteur, scénariste et démoniaque metteur en scène de toute la manœuvre, il est déjà dans la place au service d’Araminte et y fait engager à son tour son ancien maître Dorante en qualité d’intendant. «Je connais l’humeur de ma maîtresse», lui déclare-t-il dès la scène inaugurale : «je sais votre mérite, je sais mes talents, je vous conduis, et on vous aimera, toute raisonnable qu’on est ; on vous épousera, toute fière qu’on est, et on vous enrichira, tout ruiné que vous êtes, entendez-vous ? Fierté, raison et richesse, il faudra que tout se rende. Quand l’amour parle, il est le maître, et il parlera […]». Mais cet amour, comment le faire parler ? Sur quel levier Dubois, cet Archimède de la manipulation des sentiments, va-t-il peser pour faire basculer les sentiments d’Araminte ? Essentiellement sur la «fausse confidence» – sur les effets qu’entraînent certaines informations prétendument secrètes, pourvu qu’elles soient distillées au bon moment et dans les bons termes. Tout est donc langage – mais à condition d’ajouter que tout langage, chez Marivaux, est d’emblée action, et que toute action suscite un sentiment, lequel détermine un désir moins libre qu’il ne se croit, mais qui ne vit que d’être pris au filet des mots. À ce jeu-là, Bondy est passé maître : il aborde ici son quatrième Marivaux avec une distribution exceptionnelle, autour d'une d'une Araminte incarnée par Isabelle Huppert.

    avec le soutien de

     

     

    Le théâtre avant la représentation.

     

     

           

     

    avec le manteau blanc Bulle Ogier 

     On a connu Marivaux léger, réduit par Sainte-Beuve à « un badinage à froid, une espièglerie compassée ». On l’a retrouvé noir, sombre et cruel. On le redécouvre humaniste et généreux, maître d’une langue qui relève de l’enchantement.

    C’est sous ce signe que, six ans après une mise en scène mémorable de La Seconde Surprise de l’amour, réunissant Clotilde Hesme et Micha Lescot, Luc Bondy revient à cet auteur. La comédie choisie est l’une de ses plus complexes et de ses plus riches : Les Fausses Confidences.

    Une mise en scène magnifique de subtilité

    L’intrigue raconte les manœuvres d’un jeune homme sans argent, épris d’une riche veuve. Pour la séduire, il se fait engager chez elle comme intendant, et s’appuie sur le concours de son ancien valet. Flattée mais distante dans un premier temps, la belle finira par succomber. Cependant, sa rémission ne se fera pas sans résistances, ni combats, ni obstacles. Sans, non plus, atermoiements, quiproquos, malentendus, sous-entendus… Aux élans de l’amour s’opposent les conventions sociales ; aux lois du cœur celles des intérêts et de l’argent.

    Installé bourgeoisement dans une atmosphère évoquant autant notre siècle que les années 1930, un étonnant ballet se met en place. Commencé en douceur, il s’emballe peu à peu pour conduire jusqu’au vertige, sous l’effet de la mise en scène, aux troublantes nuances, magnifique de subtilité et d’intelligence, aussi délicate que profonde. Portée, surtout, par une distribution hors pair que Luc Bondy dirige avec une magistrale maîtrise. La domine un duo d’exception : Isabelle Huppert et Louis Garrel.

    D’Isabelle Huppert à Bulle Ogier, une distribution impeccable

    La première est la « veuve » ; le second le « jeune homme ». Tous les deux fascinent, se livrant à une partie de cache-cache, de mensonge et de vérité aussi prodigieuse que sans merci. Comment demeurer de marbre face à cette confrontation où chacun tend à faire avouer à l’autre ce qu’il ne veut pas dire ou se dire à lui-même. Il faut voir Isabelle Huppert, en déshabillé blanc, coquette mais altière, s’enivrant de champagne, comme pour oublier les rets de l’amour dans lesquels elle s’est laissé piéger. Louis Garrel se montre tout aussi fragile, séducteur manipulateur mais d’une sincérité à briser le cœur lorsqu’il se déclare incapable de vivre hors de la vue de l’être aimé.

    Le reste de la distribution se mesure à leur aune : Yves Jacques, le valet industrieux, grand ordonnateur de toute cette machination ; Manon Combes, la suivante aux espérances trahies ; Jean-Damien Barbin, Arlequin hallucinant… Il faut citer, encore, Bernard Verley, Jean-Pierre Malo, et, bien sûr, Bulle Ogier. Métamorphosée en vieille mère délicieusement acariâtre et autoritaire, elle étonne et détone, menue, perruque blanche sur la tête, trottant à petits pas. Elle est la cerise sur le gâteau d’un spectacle lumineux célébrant la force de l’amour.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    le début de la représentation.

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  • Commentaires

    1
    Vendredi 14 Février 2014 à 13:30

    bonjour Jean-Marc

    tu as passé une superbe soirée à ce que je peux voir

    merci de partager tes photos.

    Je te souhaite un bon week-end de la Saint -Valentin

    bisous

    valentin

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